Le sujet crée souvent une confusion tenace : le prêt à taux zéro attire naturellement les candidats à l’achat, mais il n’a pas été conçu pour soutenir directement un investissement locatif. Cette nuance change tout. Beaucoup d’acquéreurs pensent pouvoir financer un bien destiné à la location grâce au dispositif PTZ, alors que ce mécanisme vise d’abord l’accession à la résidence principale. Pourtant, la réalité est plus subtile. Dans certains cas, un projet immobilier peut évoluer, être sécurisé, puis aboutir ensuite à une mise en location sous conditions. Comprendre cette frontière entre occupation personnelle et stratégie patrimoniale évite les faux espoirs, les dossiers rejetés et les montages bancaires mal préparés.
Dans un contexte immobilier où chaque point de taux compte, où les banques scrutent davantage la solvabilité et où les aides publiques sont devenues de véritables leviers d’arbitrage, le dispositif PTZ reste une aide financière de premier plan. Son prolongement jusqu’à fin 2027, son élargissement aux logements neufs sur tout le territoire et sa compatibilité renforcée avec certaines aides à la rénovation changent la donne. Encore faut-il distinguer ce qui relève de l’achat pour habiter, de la stratégie de bascule vers l’immobilier locatif, et des solutions de rechange quand le PTZ n’est pas accessible.
En bref
- Le PTZ ne finance pas directement un investissement locatif : il doit servir à acheter une résidence principale.
- L’éligibilité PTZ dépend du statut de primo-accédant, des revenus, du type de bien et de son usage.
- Depuis 2025, le neuf est éligible partout en France, y compris pour les maisons individuelles neuves, avec des quotités spécifiques.
- Le logement doit être occupé comme résidence principale dans les délais prévus, en principe plus de 8 mois par an.
- Une mise en location ultérieure peut être admise dans certains cas, notamment après une période minimale ou en présence d’événements particuliers.
- Le financement immobilier doit inclure au moins un autre prêt, car le PTZ ne suffit jamais seul.
- Les travaux dans l’ancien restent un levier en zones B2 et C, à condition qu’ils représentent plus de 25 % du coût total.
Prêt à taux zéro et investissement locatif : ce que la règle autorise vraiment
La question revient sans cesse chez les acheteurs : est-il possible d’utiliser un prêt à taux zéro pour acheter un bien et le louer ? La réponse, nette, est non dans son principe. Le PTZ a été imaginé comme un outil d’accession à la propriété pour les ménages qui achètent leur résidence principale. Il ne s’agit donc pas d’un levier prévu pour financer directement un investissement locatif, ni un achat patrimonial destiné à produire des loyers dès la remise des clés.
Cette règle n’est pas un détail administratif. Elle structure tout le dispositif. Pour bénéficier du PTZ, l’acquéreur s’engage à occuper le logement, en général dans l’année qui suit l’achat ou l’achèvement des travaux. Il faut aussi y résider plus de 8 mois par an, sauf exceptions prévues par les textes. Autrement dit, un studio acquis dans l’idée de le louer à un étudiant, un T2 acheté pour créer un revenu complémentaire, ou une maison destinée à être exploitée en location longue durée ne relèvent pas des conditions prêt PTZ.
Pourquoi cette confusion persiste-t-elle ? Parce que de nombreux ménages raisonnent à long terme. Un couple peut acheter un premier logement avec l’intention d’y vivre quelques années, puis de le conserver ensuite pour le mettre en location. Dans ce schéma, le PTZ n’est pas utilisé pour un projet locatif immédiat, mais pour une résidence principale susceptible de devenir plus tard un actif patrimonial. Cette distinction est essentielle. Le point de départ du dossier doit être conforme à la règle, sinon la banque et l’organisme prêteur bloquent la demande.
Un cas concret illustre bien cette frontière. Clara et Mehdi achètent un appartement neuf en périphérie d’une grande ville. Leur objectif officiel et réel est d’y vivre. Ils obtiennent un PTZ en complément de leur crédit immobilier principal. Quatre ans plus tard, une mobilité professionnelle les conduit à changer de région. Selon leur situation exacte, la mise en location du logement peut devenir envisageable. Ce n’est donc pas le même scénario qu’un achat pensé dès l’origine comme de l’immobilier locatif.
La prudence s’impose aussi face à certains discours commerciaux. Des promesses du type “devenez investisseur grâce au PTZ” mélangent accession aidée et stratégie patrimoniale. Pour clarifier les bases officielles, il reste utile de consulter les règles du PTZ sur le site du Service Public ou encore les explications du ministère de l’Économie. La ligne directrice y est sans ambiguïté : le logement doit servir de résidence principale.
Ce cadre n’empêche pas une réflexion patrimoniale intelligente. Il oblige simplement à raisonner par étapes. D’abord, réussir une accession cohérente avec l’aide publique. Ensuite, envisager les évolutions possibles selon la situation familiale, professionnelle ou géographique. Cette logique sépare les projets solides des montages risqués. Et c’est précisément ce qui fait du PTZ un outil puissant, à condition de ne pas lui demander ce qu’il n’a jamais promis.
Pourquoi l’usage du logement change toute l’analyse bancaire
Dans un dossier de financement immobilier, l’affectation du bien influence l’ensemble de l’étude. Une banque n’examine pas de la même manière un logement occupé par l’emprunteur et un bien destiné à générer des loyers. Avec une résidence principale, l’analyse se concentre sur les revenus, les charges, l’apport, la stabilité professionnelle et l’éligibilité PTZ. Avec un projet locatif, il faut ajouter l’estimation des revenus futurs, le risque de vacance, la fiscalité et parfois une logique plus patrimoniale que sociale.
Le PTZ s’inscrit dans la première logique. Il allège le coût d’achat d’un ménage qui cherche à se loger. L’État accepte donc de soutenir une part du projet, parfois jusqu’à 50 % du coût pris en compte, parce que l’objectif est d’aider à habiter, non de favoriser un rendement locatif. Cette philosophie explique la rigueur des contrôles. Un dossier mal rédigé, une occupation floue ou un usage ambigu peuvent fragiliser l’accord bancaire.
Le bon réflexe consiste à présenter un projet parfaitement aligné avec sa réalité. Si le logement est destiné à être habité, il faut le démontrer clairement. Si l’ambition réelle est de bâtir un parc locatif, mieux vaut se tourner vers des solutions adaptées au rendement et à la fiscalité. En immobilier, la cohérence du projet vaut souvent autant que le niveau de revenus. C’est cette cohérence qui ouvre la porte au thème suivant : les conditions concrètes d’obtention.
Pour approfondir les mécanismes de transition entre résidence principale et stratégie patrimoniale, certains lecteurs consultent aussi cette analyse consacrée au PTZ et à la location ou ce décryptage sur le lien entre PTZ et projet d’investissement. Ces ressources sont utiles pour éviter les raccourcis séduisants mais juridiquement fragiles.
Conditions prêt PTZ : les critères à respecter pour obtenir cette aide financière
Accéder au prêt à taux zéro suppose de franchir plusieurs filtres. Le premier, souvent connu, concerne le statut de primo-accédant. En pratique, il ne faut pas avoir été plein propriétaire de sa résidence principale au cours des deux dernières années. Ce point écarte une partie des acheteurs déjà installés, mais il ne ferme pas toutes les portes. Certaines exceptions existent, notamment en cas d’invalidité, de handicap ou lorsque le précédent logement a été rendu inhabitable à la suite d’une catastrophe.
Le deuxième filtre porte sur les revenus. Le PTZ vise les ménages aux ressources modestes ou intermédiaires. Les plafonds dépendent à la fois de la zone géographique et du nombre d’occupants du futur logement. Pour une offre de prêt émise en 2026, l’administration s’appuie sur le revenu fiscal de référence de l’année N-2. En clair, ce sont les revenus déclarés en 2024 et constatés sur l’avis d’imposition reçu en 2025 qui servent de base. Ce mécanisme peut surprendre des ménages dont la situation a récemment changé, mais il reste la référence réglementaire.
Le troisième filtre concerne la nature même du demandeur. Le PTZ est réservé aux personnes physiques. Une SCI, par exemple, ne peut pas obtenir ce prêt aidé. Là encore, la logique est limpide : il s’agit d’un soutien à l’accession résidentielle, pas d’un instrument d’ingénierie patrimoniale. Cette distinction a des conséquences directes pour les familles qui envisagent un achat à plusieurs ou une structuration sociétaire.
Un autre point fondamental mérite d’être martelé : le PTZ doit toujours être adossé à un autre financement. Il ne remplace pas un crédit immobilier classique. La banque exige un prêt complémentaire d’une durée minimale conforme aux règles applicables. Le PTZ intervient donc comme une brique dans un montage global. Cette articulation explique pourquoi un bon dossier bancaire reste déterminant, même lorsque l’emprunteur remplit toutes les conditions réglementaires.
Le logement, enfin, doit devenir la résidence principale du ou des emprunteurs dans les délais prévus. Dans le neuf, l’occupation doit intervenir au plus tard un an après l’achat ou la fin des travaux, avec une tolérance plus large dans certains cas de préparation de la retraite. Dans l’ancien avec travaux, l’installation doit suivre l’achèvement du chantier. Une occupation fictive ou purement déclarative ne tient pas face aux vérifications documentaires. Factures, adresse fiscale, assurance habitation, consommations énergétiques : tous ces indices peuvent attester de la réalité de l’usage.
Pour rendre ces règles plus lisibles, voici un tableau de repères utile :
| Critère | Règle principale | Impact sur l’éligibilité PTZ |
|---|---|---|
| Statut | Primo-accédant en principe | Condition majeure du dispositif PTZ |
| Usage du bien | Résidence principale | Exclut l’investissement locatif immédiat |
| Revenus | Plafonds selon zone et foyer | Détermine l’accès et la quotité |
| Montage | PTZ en complément d’un autre prêt | Impossible sans autre financement |
| Demandeur | Personne physique uniquement | SCI exclue |
Ces critères ne doivent pas être lus comme une liste abstraite. Ils dessinent le portrait du bénéficiaire visé : un ménage qui entre dans la propriété pour se loger durablement. C’est pourquoi les conditions prêt PTZ ne peuvent pas être détournées sans risque. Mieux vaut un projet bien calibré qu’un dossier séduisant sur le papier mais contradictoire dans son usage réel.
Plafonds de ressources, quotité et durée du prêt : les chiffres qui changent un projet
Les chiffres du PTZ ne servent pas seulement à savoir si un dossier passe ou non. Ils influencent le budget visé, la mensualité future et même la localisation du projet. Les plafonds de ressources varient selon quatre zones : A et A bis, B1, B2 et C. Plus la tension immobilière est forte, plus les seuils sont élevés. Ainsi, une personne seule peut rester éligible jusqu’à 49 000 euros en zone A, contre 28 500 euros en zone C.
Le calcul ne s’arrête pas là. Les ressources du foyer destinées à occuper le bien sont divisées par un coefficient familial. Ce point technique modifie parfois fortement la tranche retenue. Une famille avec enfants peut ainsi accéder à une quotité plus favorable qu’un célibataire disposant d’un revenu voisin. C’est ce mécanisme qui rend le PTZ particulièrement intéressant pour certains profils familiaux.
La durée du prêt dépend ensuite de cette tranche. Plus les revenus sont modestes, plus le différé peut être long, jusqu’à 10 ans, avec un remboursement ensuite étalé sur 15 ans. Cela crée un effet de respiration budgétaire très concret. Les premières années, le ménage ne rembourse que son prêt principal. Pour beaucoup d’acheteurs, cet avantage pèse davantage qu’un simple argument marketing : il permet de s’installer, d’équiper le logement et de stabiliser ses finances avant l’arrivée de la seconde mensualité.
Pour visualiser son projet avec davantage de précision, il peut être pertinent de comparer plusieurs simulations, par exemple via une présentation bancaire du PTZ ou à travers un simulateur de crédit immobilier. Ce travail préparatoire ne fait pas gagner seulement du temps : il permet d’éviter les biens hors cible et les négociations inutiles. C’est là qu’un projet devient réaliste, et qu’il peut être confronté aux types de logements réellement finançables.
Quels logements sont finançables avec le dispositif PTZ et lesquels écartent tout projet locatif
Le dispositif PTZ s’applique à des opérations immobilières précises. Depuis l’élargissement intervenu à compter du 1er avril 2025, le logement neuf est devenu éligible sur l’ensemble du territoire, sans condition de localisation géographique pour cette catégorie. Cela change profondément la lecture du marché. Un appartement neuf acheté en ville moyenne, une maison individuelle neuve dans une commune périurbaine ou une acquisition en VEFA peuvent entrer dans le champ du PTZ, à condition de respecter l’usage en résidence principale.
Dans le neuf, la distinction entre habitat collectif et maison individuelle reste importante pour le calcul de la quotité. Les logements individuels neufs bénéficient d’une quotité spécifique, moins élevée que celle de certains appartements neufs. Cette orientation reflète les arbitrages publics entre soutien à l’accession, maîtrise foncière et lutte contre l’étalement urbain. En pratique, cela signifie qu’un même ménage n’obtiendra pas toujours le même niveau d’aide selon la forme du bien choisi.
Dans l’ancien, le cadre est plus sélectif. Le PTZ ne concerne que les acquisitions avec travaux, situées en zones B2 ou C. Les rénovations doivent représenter plus de 25 % du coût total de l’opération. Elles peuvent viser l’amélioration, la création de surfaces habitables ou la performance énergétique, avec des exigences renforcées sur le résultat final. Depuis l’évolution des textes, le niveau de performance après travaux doit répondre à des seuils précis, ce qui oblige à monter le dossier avec méthode.
Un exemple simple permet d’en mesurer les implications. Un ménage repère une petite maison ancienne à 160 000 euros dans une commune classée en zone C. Pour mobiliser le PTZ, il doit programmer au moins 40 000 euros de travaux si l’on veut franchir le seuil des 25 %. Si le budget réel de rénovation est de 18 000 euros, l’opération ne rentre plus dans les clous. À l’inverse, si le projet inclut isolation, chauffage, réagencement et amélioration énergétique sérieuse, l’aide peut devenir un accélérateur décisif.
Il existe aussi des cas particuliers parfois méconnus : achat en bail réel solidaire, location-accession, transformation d’un local non habitable en logement, acquisition d’un logement social occupé par son locataire, ou achat dans certains secteurs bénéficiant d’une TVA réduite. Ces formules peuvent offrir des portes d’entrée intéressantes, surtout dans les zones où le prix du neuf classique dépasse les capacités d’emprunt des ménages. Encore une fois, le dénominateur commun reste l’occupation à titre principal.
Pour ceux qui envisagent un bien ancien à rénover, l’articulation entre PTZ et aides à la performance énergétique mérite une attention particulière. Les règles se croisent avec des dispositifs dédiés à la rénovation, ce qui peut renforcer l’effet levier du projet. Quelques repères utiles sont disponibles via les informations publiques sur le prêt à taux zéro et des précisions sur le prêt à taux zéro pour la rénovation. Cette logique est particulièrement pertinente dans les territoires où le neuf reste rare mais où l’ancien offre de vrais potentiels de valorisation.
Ce panorama montre une réalité simple : tous les biens ne se valent pas au regard du PTZ. Un bon emplacement ne suffit pas. Une rentabilité théorique non plus. Le logement doit entrer dans la grille réglementaire, et cette grille a été conçue pour loger l’acheteur, pas pour alimenter un parc de location. Cette nuance devient essentielle au moment d’imaginer la suite du parcours résidentiel.
Quand la rénovation dans l’ancien devient une stratégie plus intelligente qu’un achat neuf
Le neuf séduit par sa lisibilité : garanties, performance énergétique, frais d’entretien réduits. Pourtant, dans bien des secteurs, l’ancien avec travaux peut offrir une trajectoire patrimoniale plus fine. D’abord parce que le prix d’achat est souvent inférieur. Ensuite parce que les travaux, s’ils sont correctement pensés, créent de la valeur. Enfin parce que certaines communes de zones B2 ou C présentent un écart de prix suffisamment marqué pour rendre l’opération bien plus soutenable qu’un achat neuf au mètre carré élevé.
Une maison ancienne avec jardin dans une petite ville dynamique peut ainsi devenir une excellente résidence principale financée avec aide, avant d’éventuellement évoluer plus tard dans le patrimoine du ménage. Ce type de projet suppose toutefois de bien comprendre les exigences techniques et réglementaires. Le chantier doit démarrer après l’obtention du PTZ et s’achever, en principe, dans les trois ans. Les devis doivent être cohérents, les entreprises sérieuses, et la projection budgétaire réaliste.
Le lien entre achat et rénovation énergétique devient d’autant plus stratégique que les normes de performance pèsent désormais sur la valeur future des biens. Se loger aujourd’hui dans un logement rénové, c’est aussi se prémunir contre la décote de demain. Voilà pourquoi le PTZ, bien utilisé, ne sert pas seulement à acheter. Il peut aussi aider à sécuriser un actif résidentiel durable, ce qui prépare la question sensible de la mise en location future.
Peut-on louer un bien acheté avec un prêt à taux zéro plus tard sans perdre l’avantage obtenu
La vraie question, pour beaucoup de ménages, n’est pas seulement “peut-on acheter pour louer ?”, mais “peut-on habiter d’abord, puis louer ensuite ?”. Ici, la réponse devient plus nuancée. Le PTZ impose une occupation en résidence principale pendant une durée minimale, généralement six ans à compter du versement du prêt. Durant cette période, la mise en location est en principe interdite, sauf situations particulières prévues par la réglementation.
Ces exceptions ne sont pas marginales. Elles concernent par exemple une mobilité professionnelle impliquant un trajet important, un divorce, un décès, une invalidité, une situation de chômage prolongé ou d’autres événements graves modifiant l’équilibre du foyer. Dans ces hypothèses, le bien peut parfois être loué avant l’expiration du délai habituel. Ce n’est donc pas un blanc-seing pour investir, mais une soupape de réalité. Le législateur admet qu’un parcours de vie ne suit pas toujours la trajectoire prévue lors de la signature chez le notaire.
Un scénario fréquent illustre bien ce mécanisme. Un jeune couple achète un T3 avec PTZ dans une métropole régionale. Quelques années plus tard, la naissance d’un troisième enfant rend le logement trop petit. Si les circonstances et la réglementation applicable le permettent, ils peuvent revendre, transférer éventuellement leur prêt sous conditions, ou envisager une location ultérieure. Ce qui compte, c’est que l’usage initial du bien ait été sincère et conforme aux engagements pris.
Le risque apparaît lorsque certains emprunteurs tentent d’anticiper une mise en location quasi immédiate tout en présentant le projet comme une résidence principale. Cette approche est fragile. En cas de contrôle, les conséquences peuvent être lourdes : remise en cause de l’avantage, exigence de remboursement anticipé, contentieux avec la banque. Il serait dommage de compromettre un parcours immobilier pour quelques mois gagnés sur une stratégie locative improvisée.
Il faut aussi raisonner en coût d’opportunité. Conserver un bien acheté avec PTZ pour le louer plus tard n’est pas toujours la meilleure décision patrimoniale. Selon la tension locative, la fiscalité, les charges de copropriété, l’évolution du marché local et l’état du logement, revendre peut parfois s’avérer plus judicieux. L’idée selon laquelle tout logement acheté doit devenir automatiquement un actif locatif relève plus du réflexe patrimonial que de l’analyse économique.
Pour ceux qui veulent anticiper cette étape, la meilleure méthode consiste à choisir dès l’achat un bien résilient. Cela signifie un emplacement recherché, une surface liquide sur le marché, une performance énergétique sérieuse et un niveau de charges soutenable. Ainsi, si la vie conduit plus tard vers une mise en location, le bien aura davantage de chances de rester attractif. Le PTZ ne fabrique pas un investissement locatif à lui seul, mais il peut aider à constituer un premier actif habitable, puis potentiellement valorisable.
Revendre, transférer, conserver : les trois scénarios patrimoniaux à comparer
Après plusieurs années d’occupation, trois options se dessinent souvent. La première consiste à revendre pour acheter plus grand ou mieux situé. C’est la solution la plus simple lorsque le marché local est porteur et que le gain de confort prime. La deuxième est le transfert éventuel du prêt ou du montage, sous réserve de l’accord bancaire et du respect des règles applicables. Cette piste reste technique et mérite d’être étudiée au cas par cas.
La troisième option consiste à conserver le logement pour le louer plus tard. Cette hypothèse fait rêver, car elle semble transformer un achat aidé en futur actif de rendement. Mais elle n’est intéressante que si le bien supporte la comparaison avec les standards du marché locatif : bonne desserte, diagnostics solides, charges maîtrisées, demande réelle. Sans cela, le rêve de l’immobilier locatif se heurte vite à une rentabilité moyenne et à une gestion contraignante.
Le bon arbitrage n’est donc jamais automatique. Il repose sur les chiffres, le cycle de vie du foyer et la qualité intrinsèque du bien. En immobilier, l’émotion fait acheter ; la stratégie, elle, fait durer la valeur.
Comment monter un dossier solide et quelles alternatives choisir si le PTZ ne convient pas à un projet locatif
Un dossier de PTZ réussi ne se limite pas à remplir un formulaire. Il raconte un projet crédible. La banque attend des justificatifs classiques : avis d’imposition, pièces d’identité, compromis ou contrat de réservation, revenus, charges, relevés de compte, éventuels devis de travaux. Mais au-delà des papiers, elle évalue la cohérence d’ensemble. Un acheteur qui vise un bien adapté à ses ressources, dans une zone maîtrisée, avec un reste à vivre confortable, inspire davantage confiance qu’un ménage qui veut pousser son budget à l’extrême.
Le dialogue avec la banque compte énormément. Une simulation en amont permet de mesurer la mensualité future, le différé, la quotité et la part du financement immobilier qui devra être couverte par un prêt classique. Les établissements signataires de conventions avec l’État restent libres d’accepter ou non le dossier. Ils peuvent demander des garanties, analyser le risque et arbitrer selon leur politique interne. Le PTZ est aidé par l’État, mais il n’efface pas l’examen bancaire.
Voici les réflexes les plus efficaces pour préparer le terrain :
- Vérifier l’usage du bien : résidence principale réelle et documentable.
- Contrôler les plafonds de ressources avec le revenu fiscal de référence N-2.
- Comparer plusieurs banques pour optimiser le prêt principal associé.
- Anticiper les frais annexes : notaire, garantie, courtage éventuel, travaux non couverts.
- Choisir un bien compatible avec l’avenir : revente facile ou potentiel locatif ultérieur crédible.
Si le projet est dès l’origine un investissement locatif, mieux vaut changer de boîte à outils. D’autres solutions existent : prêt amortissable classique, prêt in fine selon profil patrimonial, apport renforcé, arbitrages fiscaux, achat dans l’ancien avec travaux valorisables, ou encore montage plus sophistiqué quand les revenus et l’objectif patrimonial le justifient. Chercher à faire entrer de force un projet locatif dans les critères du PTZ conduit souvent à une impasse.
Le marché de 2026 pousse d’ailleurs à la sélection. Les banques observent avec attention la stabilité de l’emploi, la gestion des comptes et la capacité à absorber une hausse de charges. Dans ce contexte, un dossier clair et bien argumenté fait la différence. Il est souvent utile de se documenter via les repères proposés par Action Logement ou de confronter son projet à une synthèse des nouveautés du PTZ. Pour les profils orientés rénovation, des solutions de prêt rénovation énergétique peuvent aussi compléter la réflexion.
Au fond, la meilleure stratégie n’est pas de chercher une faille dans la réglementation. Elle consiste à utiliser le bon outil pour le bon objectif. Le PTZ excelle pour aider à acheter sa résidence principale avec un coût de crédit allégé. Le locatif, lui, répond à d’autres logiques de rendement, de risque et de fiscalité. Lorsque ces deux univers sont distingués avec lucidité, les décisions immobilières deviennent plus efficaces, plus sûres et souvent plus rentables sur la durée.
Peut-on obtenir un prêt à taux zéro pour acheter un studio et le louer immédiatement ?
Non. Le logement financé par le PTZ doit devenir la résidence principale de l’emprunteur dans les délais prévus. Un achat destiné dès le départ à la location ne respecte pas les règles du dispositif.
Après combien de temps un bien acheté avec un PTZ peut-il être mis en location ?
En principe, le logement doit être occupé comme résidence principale pendant au moins six ans. Des exceptions peuvent toutefois exister en cas de mobilité professionnelle, divorce, invalidité, chômage prolongé ou autres situations prévues par les textes.
Le PTZ peut-il financer la totalité du projet immobilier ?
Non. Le PTZ intervient toujours en complément d’un autre prêt. Il ne peut pas financer seul l’opération et son montant ne peut pas dépasser certaines limites liées au coût du projet et aux autres prêts associés.
Un logement ancien est-il éligible au PTZ ?
Oui, mais sous conditions. Il doit se situer en zone B2 ou C et nécessiter des travaux représentant plus de 25 % du coût total de l’opération, avec des objectifs précis d’amélioration ou de performance énergétique.
Avoir déjà un bien locatif empêche-t-il l’éligibilité PTZ ?
Pas forcément. Ce qui compte, c’est de ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux dernières années, sauf exceptions. Détenir un autre bien immobilier qui n’est pas sa résidence principale n’exclut donc pas automatiquement du PTZ.